Le saviez-vous? … Sonia Who?
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Le saviez-vous? … Sonia Who?

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Le saviez-vous? … Sonia Who?

Sonia, Sonia, Sonia est un triptyque en grand format réalisé en 2011 par le célèbre artiste marocain Mounir Fatmi. Chaque panneau mesure 189 x 124cm et est entièrement recouvert d’un assemblage de tapis découpés. Il aura fallu plus de 100 tapis de couleurs et motifs différents pour créer cette œuvre.
Mais à qui rend hommage Mounir Fatmi à travers cette œuvre ?
Ce collage est un hommage à Sonia Delaunay, artiste visionnaire et avant-gardiste du début du XXe siècle qui repoussa les limites de l’abstraction en intégrant dans son travail de plasticienne la mode, le textile et les livres.
Comme les peintures de Sonia Delaunay des années 1910 à 1930, Sonia, Sonia, Sonia est une œuvre lyrique et rythmique. Elle joue avec la théorie des couleurs, les motifs et le mouvement. De manière similaire au travail de Sonia Delaunay, il existe une autre dimension à l’œuvre qui, derrière son aspect purement visuel, questionne la modernisation et la politique contemporaine. Tandis que Sonia Delaunay évoquait les changements de l’entre-deux-guerres, Fatmi interpelle l’évolution du monde arabe; la vitesse de son développement, le flou de la vie quotidienne rythmée par la guerre, l’urbanisation et les problèmes liés à la religion.
Dans Sonia, Sonia, Sonia, l’utilisation des tapis de prière est délibérée, et la technique utilisée à une telle échelle surprend. Plutôt que d’utiliser de quelconques tapis anciens, Fatmi fait spécifiquement usage de tapis de prière, opérant de la sorte une désacralisation d’un objet dont la fonction typique est la communion avec Dieu. La valeur du tapis comme objet religieux a disparu, mais c’est sa valeur en tant qu’œuvre d’art qui surgit. Par cet acte, le collage confronte la conception même de ce que signifie le sacré et de l’étendue de son interprétation. Beaucoup considèrent l’art exposé dans de grands musées comme sacré. Bien que les tapis aient été désacralisés aux yeux de figures religieuses, l’œuvre d’art elle-même, présentée sur un mur de la galerie, se réapproprie ce qui pourrait être considéré comme son statut sacré.
Fatmi n’a jamais hésité à pousser ses propres limites, transformant les possibilités de matériaux, dont l’utilisation d’objets religieux et de l’iconographie.
A la semaine prochaine !
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